Ondines et sylphes

Il me paraît intéressant de présenter en complément quelques opéras ayant en commun le thème de la rusalka telle qu’elle apparaît dans le folklore slave : une jeune fille morte avant ses noces et qui revient se venger. Deux de ces opéras viennent de Russie, le troisième d’Italie : ce sont Rusalka de Dargomyzhsky, La nuit de mai de Rimsky-Korsakov, et Le Villi de Puccini. Ils ont tous les trois été créés avant l’opéra de Dvořák, les deux premiers en Russie respectivement en 1856 et 1880, le dernier à Milan en 1884.


Un opéra qui me paraît assez proche de celui de Dargomyzhsky est Halka, du polonais Moniuszko et créé en 1854. On retrouve le thème de la jeune fille d’humble origine dont le chant de désespoir trouble la fête de mariage, ou ici de fiançailles, du noble qui l’a abandonnée. Il y a cependant une différence : là où le Prince ne semble pas avoir eu le choix et a dû quitter Natacha, Janusz a choisi d’épouser la fille d’un riche propriétaire. À la fin de l’opéra, Halka, désespérée et enceinte de Janusz, se jette dans la rivière. Bien que ce ne soit pas dit explicitement, la comparaison avec l’opéra de Dargomyzhsky donne à penser que Halka deviendra une rusalka tout comme son enfant à naître.

L’argument du ballet Giselle est très similaire à celui des Villi. La seule différence notable est que Giselle ne cherche pas à se venger d’Albrecht, l’homme qui lui a caché sa véritable identité et qui a ainsi provoqué indirectement son suicide. Au contraire, son amour pour Albrecht permet à celui-ci d’échapper à la mort dans laquelle les Villis cherchent à l’entraîner.

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